mercredi 21 juin 2017

Night and day

Ce Virginia Woolf ne restera pas parmi mes favoris. Je l'ai trouvé un peu bavard, et finalement assez loin de ce que j'avais apprécié dans mes précédentes lectures, ce monologue intérieur continu, qui s'intéresse plus à la pensée qu'à l'action. Car si l'on sent bien que Katherine Hilbery est sans cesse en proie à ce flux de pensées, qui l'éloignent bien souvent du monde, le lecteur n'y a pas forcément accès. 

Alors, le plot ? Londres. Katherine Hilbery, petite fille d'un grand écrivain, aide sa mère à écrire la biographie de l'illustre grand-père. Tea-time, lettres à recopier et équations (en cachette) forment son quotidien de jeune femme de bonne famille. Ralph Denham, juriste, tombe amoureux d'elle suite à une tea-party. Mais il n'est pas du même milieu qu'elle. Lui doit travailler et entretenir sa famille. Ah oui, et Mary est amoureuse de Ralph. Et c'est aussi une bonne amie de Katherine. Elle travaille pour être indépendante économiquement, et avoir des droits politiques. Voilà notre suffragette ! Il y a enfin William Rodney, un écrivain en devenir, un peu imbu de lui-même, qui doit épouser Katherine. Mais qui lui préfère sa cousine, Cassandra. Oui, c'est un peu compliqué les sentiments des uns et des autres... Et ce n'est pas forcément ce qui nous intéressera le plus durant la lecture. 

La question des classes sociales, du mariage, du travail des femmes, etc. que nous transmet Virginia est autrement plus intéressante. Et permet aux personnages de s'exprimer librement... Oui, William n'est pas mon idéal masculin avec cette réplique : 
"But for me I suppose you would recommend marriage ?" said Katherine, with her eyes fixed on the moon. "Certainly I should. Not for you only, but for all women. Why, you're nothing at all without it ; you're only half alive ; using only half of your faculties ; you must feel that for yourself".
Déçue par cette construction finalement assez classique, pas encore réellement woolfienne, j'ai retrouvé cette impression de marées, non pas dans les pensées des personnages, mais dans leurs sentiments, qui hésitent, qui disparaissent et réapparaissent, à mesure des jours... et des nuits. C'est fou d'ailleurs la différence des caractères selon que l'action prend place le jour ou la nuit, vous y serez attentifs si vous le lisez ! 

Et déçue aussi par les personnages, qui m'ont assez peu intéressée. Seule Mrs Hilbery, finalement plus fine et plus attentive qu'elle n'y parait, m'a pas mal amusée.

Quelques autres phrases glanées :

"You sound very dull", Katherine remarked, for the second time. "Merely middle class," Denham replied. "You pay your bills, and speak the truth. I don't se why you should despise us"

"It's curious", Mr Hilbery continued, agreeing with his daughter, "how the sight of one's fellow-enthusiasts always chokes one off. They show up the faults of one's cause so much more plainly than one's antagonists. One can be enthusiastic in one's study, but directly one comes into touch with the people who agree with one, all the glamor goes. So I've always found"

3 commentaires:

  1. Je te sens déçue par cette lecture.

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  2. J'avais beaucoup aimé ce roman pour ma part, j'en garde un doux souvenir. J'avais aimé la structure classique où on sentait l'influence d'auteurs plus anciens et une Virginia en construction. Et j'avais été très sensible à tout ce qui traitait de la condition de la femme et des choix de vie qui s'offrent à nous, à un moment où ce roman trouvait un écho particulier dans ma vie personnelle. Mais je comprends que tu sois plus admirative des livres de Virginia d'une plus grande maturité.

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  3. Tiens je ne le connaissais pas celui-là ! Mais je n'en suis qu'au début de ma découverte de Woolf... Il me fait un peu penser à "The Years", l'as-tu lu ? J'adore : You sound very dull / Merely middle class! Le summum de l'esprit anglais pour moi !

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